C’est la question que posent – sérieusement – un nombre croissant de physiciens et quelques philosophes contemporains. Je présente ici les chercheurs et leurs idées à partir d’un article publié en septembre 2016 sur le site de la BBC et qui fait partie du « best-of » des articles du site. J’y ajoute quelques commentaires au passage et des éléments complémentaires.


Elon Musk
Elon Musk
L'article original de la BBC est à lire ici. De plus en plus de physiciens, cosmologistes et philosophes pensent aujourd’hui que nous vivons dans une vaste simulation, à l’instar de la fameuse « matrice » du film éponyme, que nous prenons par erreur pour une réalité physique objective. De même que les ordinateurs permettent désormais de simuler des réalités dites virtuelles de plus en plus réalistes, la réalité tridimensionnelle dans laquelle nous sommes plongés pourrait fort bien relever du même processus, à savoir être la projection d’une réalité plus fondamentale, qui échappe à notre perception ordinaire, celle permise par nos cinq sens.
 
Quels sont les scénarios possibles ?
Pour l’entrepreneur Elon Musk, il y a une chance sur un milliard pour notre réalité soit ce qu’elle semble être. Le spécialiste de l’intelligence artificielle Ray Kurzweil a proposé pour sa part que tout notre univers pourrait être une expérience scientifique réalisée par un simple collégien dans un autre univers. Plusieurs physiciens ont débattu de ce thème en avril 2016 au Muséum d’histoire naturelle de New York. Mais leurs idées ne correspondent pas simplement au « modèle Matrix », car il existe d’autres façons de penser le problème. Le cosmologiste Alan Guth, du Massachussetts Institute of Technology, a suggéré que notre univers dans son ensemble pourrait être réel tout en procédant d’une espèce d’expérience scientifique, c’est-à-dire qu’il aurait été créé par une super-intelligence. Selon Guth, rien n’exclut par principe qu’il soit possible de fabriquer à partir d’un big-bang artificiel un univers qui serait rempli de vraie matière et d’énergie. Ce nouvel univers créerait sa propre bulle d’espace-temps, séparée de celle dans laquelle il a éclos. Cette bulle se couperait rapidement de son univers parent et perdrait contact avec lui. Ce scénario ne change pas grand-chose pour nous, car même si notre univers est né dans une espèce d’éprouvette manipulée par un super-être, il serait tout aussi « réel » que s’il était né « naturellement ».
Un second scénario est proposé, et c’est celui qui retient davantage l’attention car il semble compromettre l’idée que nous nous faisons de la réalité. Pour Musk, il est envisageable que nous soyons des êtres entièrement simulés, c’est-à-dire que nous serions des chaines d’information (des lignes de code) dans un immense ordinateur, comme les personnages d’un jeu vidéo. Nos cerveaux eux-mêmes étant simulés, ils répondent à des stimuli sensoriels simulés. Dans cette conception, il n’y a pas de « matrice » dont il faudrait s’extraire. C’est là que nous vivons et c’est notre seule chance de vivre (en tout cas sous cette forme physique). 



Rédigé par Jocelin Morisson le Samedi 16 Septembre 2017 | Commentaires (8)

Le film de Christopher Nolan Interstellar a été qualifié de chef d’œuvre par beaucoup, équivalent du 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick ou autres comparaisons dithyrambiques. Sans entrer dans des considérations cinématographiques en termes d’intrigue, de narration ou d’interprétation, un de ses intérêts majeurs est de reposer sur une physique de pointe qui sensibilise le grand public à des aspects bien mystérieux de notre espace-temps, tel que nous le comprenons aujourd’hui.


La physique d’Interstellar :  Des p’tits trous, des p’tits trous… et des gros trous
Le grand mérite de Christopher Nolan est de s’attaquer à des sujets qui sont aux frontières de la connaissance. En dehors de ses réalisations magistrales pour la série des Batman – The Dark Knight, il s’était déjà frotté aux mystères de la conscience à travers l’évocation des rêves lucides et rêves imbriqués dans Inception, qui a dérouté plus d’un spectateur. Avec Interstellar, il s’appuie sur les mystères et paradoxes de la physique relativiste pour bâtir son intrigue, en particulier le phénomène des trous de ver et des trous noirs. Mais il voulait avant tout que son film conserve une crédibilité scientifique, c’est pourquoi il s’est attaché les services d’un astrophysicien de pointe, Kip Thorne.
Quand Kip Thorne a vu le trou noir qu’il avait aidé à créer, il a pensé : « Pourquoi ? Bien sûr. C’est ce qu’il ferait ». Le trou noir en question est une simulation d’une précision jamais égalée au cinéma. Il semble être en rotation sur lui-même à une vitesse proche de celle de la lumière, entraînant des morceaux de matière avec lui. La théorie nous dit qu’il fut d’abord une étoile, mais au lieu de s’éteindre ou d’exploser (comme une supernova), il s’est effondré sur lui-même en un seul point que les physiciens appellent une singularité. La force de gravité y est telle que rien ne peut en sortir, pas même le moindre photon, d’où son appellation de trou noir, mais le temps lui-même se dilate au point de ne plus avoir cours... L’anneau brillant qui entoure ce tourbillon est déformé de part et d’autre ; il représente la matière qui est attirée dans le trou noir.
Einstein avait expliqué que plus un objet est massif, plus la gravité est élevée et plus elle déforme la structure de l’espace-temps. Des objets comme les étoiles et les trous noirs ont une telle gravité qu’ils déforment la trajectoire de la lumière, l’espace et le temps. Plus on s’approche du trou noir, plus la perception de l’espace et du temps est déformée et la relativité nous dit que le temps s’écoulerait de plus en plus lentement. 



Rédigé par Jocelin Morisson le Samedi 29 Novembre 2014 | Commentaires (0)

Les réflexions vont bon train pour essayer de sortir la physique de la « crise » dans laquelle elle est plongée depuis plusieurs années. Cette sortie de crise bouleversera à n’en pas douter notre conception de la réalité, d’autant que les propositions qui s’inspirent de sujets autrefois tabous comme l’étude du phénomène ovni émanent désormais de chercheurs de tout premier plan.


La physique moderne tente toujours de concilier en une seule théorie la description du monde à notre échelle et au-delà avec la description de l’infiniment petit. Physique relativiste et physique quantique restent en effet distinctes et mutuellement exclusives. Un des efforts dans cette recherche consiste à recréer de façon théorique et/ou expérimentale l’unification des quatre forces fondamentales de la nature, comme on pense que c’était le cas à l’origine de la création de l’Univers. Ces quatre forces sont l’électromagnétisme, l’interaction nucléaire forte, l’interaction nucléaire faible et la gravitation. Un problème majeur dans cette tentative d’unification des forces est connu comme le problème de la hiérarchie. La gravitation est en effet d’une intensité beaucoup plus faible que les trois autres forces. L’interaction électromagnétique est ainsi environ dix puissance trente-six fois supérieure à la gravitation. Des tentatives d’unification sont proposées par plusieurs variantes de la théorie des cordes, qui prévoit que l’Univers est composé de onze dimensions, dont seulement cinq se déploient à grande échelle alors que les six autres sont repliées en chaque point de l’espace. Une branche de la théorie M, qui vise à regrouper les différentes propositions de théories des cordes, est dite hétérotique. Elle prévoit un modèle de « géométrie déformée » qui pourrait résoudre le problème de la hiérarchie. La géométrie déformée suggère que l’Univers se compose de deux membranes d’espace-temps à quatre dimensions qui flottent parallèlement l’une à l’autre dans un vaste espace-temps à cinq dimensions ! 



Rédigé par Jocelin Morisson le Lundi 29 Septembre 2014 | Commentaires (0)

Plusieurs grands noms de la physique contemporaine s'interrogent sur la nature du temps, qui serait une sorte d'illusion due à notre immersion dans les trois dimensions d'espace... Extraits de la conclusion de mon livre "La Voyance".


Le temps existe-t-il ?
Un concept fondateur de l’hindouisme est appelé Mâyâ et désigne l’illusion du monde physique que notre conscience prend pour la réalité. La mâyâ est l’un des trois liens qui doivent être dénoués afin de réaliser le moksha, c’est-à-dire la libération du cycle des réincarnations. Les deux autres sont l’ahamkara, qui désigne l’ego, et le karma, ou « loi des actes ». L’illusion représentée par la mâyâ recouvre non seulement la réalité matérielle mais aussi l’écoulement du temps. Selon cette conception, le passé n’existe plus, le futur n’existe pas encore, l’instant présent est donc la seule et unique réalité. Et ce raisonnement se répète… à chaque instant. Alors même que la source de ces enseignements a près de cinq mille ans et qu’ils ont été relégués aux rangs de croyances et de superstitions par le matérialisme triomphant, la science contemporaine semble en passe de leur donner confirmation, comme si nous vivions la fin d’un cycle. « Et si le temps n’existait pas ? », « Le temps est-il une illusion ? », « Le temps existe-t-il ? » sont en effet les titres que l’on peut lire sur les couvertures des magazines de vulgarisation scientifique depuis quelques années, et même sur celles des livres de physiciens hautement respectables tels qu’Etienne Klein ou Carlo Rovelli. Ces gens ne sont ni des plaisantins, ni les adeptes d’un new-age fumeux, et ils en viennent à de telles propositions parce que les résultats de la physique moderne confirment tous que le temps n’est pas ce que nous croyons qu’il est. 



Rédigé par Jocelin Morisson le Mardi 9 Septembre 2014 | Commentaires (8)

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Blog animé par Jocelin Morisson, journaliste scientifique, auteur et traducteur.
Thèmes: Science - Philosophie - Spiritualité

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